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Phéromone maternelle du lapin – NatCom | Natural Communication

Phéromone maternelle du lapin

Pour comprendre le comportement d’une espèce il est primordial de se pencher sur son histoire évolutive.

Ainsi, si la domestication du chien remonte à il y a entre 30 000 et 100 000 ans, celle du lapin est beaucoup plus récente et a commencé il y a seulement 1400 ans. Aussi, la domestication du chien s’est opérée au travers de la sélection de caractéristiques comportementales d’intérêt (docilité, capacité à monter la garde et donner l’alerte) alors que celle du lapin s’est focalisée sur la sélection de caractéristiques physiques (taille, qualité de la viande et du pelage) en raison de considérations purement alimentaires et économiques : le lapin a longtemps présenté une source de nourriture et de fourrure à faible entretien.

Par ailleurs, en tant qu’espèce proie, les lapins ont tendance à ne pas montrer de signes évidents lorsqu’ils sont en difficulté et ce, afin de dissimuler leurs faiblesses et vulnérabilités à de potentiels prédateurs. De ce fait, les comportements du lapin sont bien souvent difficiles à discerner par leur propriétaire. Par exemple, en cas de stress prononcé, un lapin peut faire preuve d’agressivité (morssure), mais les blessures occasionnées étant souvent bénignes par rapport à celles provoquées par un chien ou un chat, la détresse exprimée par le lapin peut ne pas être perçue.

Le lapin est une espèce altriciale typique. En effet, les lapereaux naissent à un stade d’immaturité prononcé et leur survie dépend donc entièrement des soins maternels. Ils sont sourds, aveugles et avec très peu de fourrure ce qui limite drastiquement leurs capacités de thermorégulations. Ils dépendent d’un mécanisme de conservation de la chaleur externe apporté par le nid et la proximité des congénères de la portée qui se blottissent les uns aux autres. Le nid est fabriqué par la mère peu de temps avant la mise-bas à l’aide de poils qu’elle retire de son fanon, de son abdomen et de ses pattes antérieures.

Comme pour tous les mammifères, la capacité des nouveau-nés à localiser et accéder à une mamelle de la mère est déterminante pour leur survie. Cela est d’autant plus important pour les lapereaux que l’allaitement, le seul moment où ils peuvent interagir avec leur mère, ne se produit qu’une fois toutes les 24 heures pour une durée comprise entre 3 à 5 minutes (il s’agit d’une adaptation comportementale de la lapine destinée à éviter d’attirer inutilement l’attention d’éventuels prédateurs vers le nid). Les lapereaux doivent donc, en quelques minutes, parvenir à localiser les mamelons et téter suffisamment de lait pour les prochaines 24 heures.

Les lapereaux ont des capacités chimiosensorielles et tactiles très développées et parviennent à chercher et saisir un mamelon en 3 à 5 s. Ce comportement est sous le contrôle de signaux chimiques émis par les femelles allaitantes sur les mamelons et dans le lait.

Par ailleurs, des phéromones apaisantes sont sécrétées dans le sillon intermammaire de la lapine pendant la lactation et imprègnent le nid. La présence de ces phéromones permettent d’apaiser et de rassurer les lapereaux lors des absences prolongées de leur mère entre deux allaitement.

Ces phéromones ont démontré leur fonction apaisante chez le lapin (adulte comme juvénile), en réduisant les principaux marqueurs comportementaux liés au stress (rester caché, se figer, arrêt de l’alimentation, agressivité). Elles améliorent aussi la propreté du lapin et ont la capacité de réduire l’agitation et les difficultés de manipulations.

Ses propriétés apaisantes trouvent leur intérêt dans les situations stressantes les plus courantes retrouvées chez les lapins de compagnie :

  • le transport
  • les visites chez le vétérinaire : la présence d’autres animaux, notamment de prédateurs naturels (chats, chiens) en salle d’attente génère du stress chez le lapin
  • introduction dans un nouvel environnement (logement…)
  • la solitude : les lapins sont des animaux grégaires qui trouvent du réconfort en présence de congénères. Si un lapin est seul, il risque d’être sujet à un stress chronique.
  • Stress de la séparation : si un lapin vit habituellement avec un ou plusieurs autres lapins, il peut ressentir du stress s’il se retrouve seul (par exemple s’il est emmené seul chez le vétérinaire)
  • les manipulations : elles sont une source de stress importante pour les lapins. Instinctivement, les lapins n’aiment pas être portés (une des raisons qui font que les lapins ne sont pas recommandés comme animaux de compagnie pour les enfants), car c’est un geste associé à la prédation. En effet, dans la nature, cet acte signifie généralement qu’ils sont sur le point d’être dévorés par un prédateur.
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